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Faire enfin décoller la campagne

par Patrice Cohen-Seat le 10 mars 2017

Tribune parue das l’Humanité du 10 mars 2017

C’est une erreur de croire que le retrait de  B. Hamon ou JL Mélenchon donnerait à l’autre une chance d’être au second tour et à la gauche de gouverner. En politique, les scores ne s’additionnent pas comme ça : l’électorat de Hamon ne se reporterait pas entièrement sur Mélenchon, loin de là, et vice-versa. Et si par impossible Hamon était élu, la dynamique de la présidentielle profiterait aux candidats que le PS a investis depuis longtemps et la majorité élue ressemblerait alors beaucoup à celle qui a gouverné depuis cinq ans. Au mieux, Hamon serait prisonnier d’une cohabitation d’un nouveau genre dont les ralliements successifs de caciques socialistes à Macron donnent déjà la couleur.

Il n’y a pas de solution comptable à la montée de l’extrême droite.En 2002 comme aujourd’hui, ce sont les espoirs trahis par la gauche qui la font grossir le plus. Se sentant abandonnée, ne voyant plus d’alternative, une partie croissante des classes populaires est alors poussée vers le FN. Et l’abstention grandit chez les plus progressistes. La situation est déjà très dangereuse. Une nouvelle déception risquerait fort de précipiter notre pays dans un véritable cauchemar.  Il n’y a qu’une seule façon de sortir de cette situation : faire grandir à gauche un espoir qui remobilise les classes populaires. Là seulement est le réservoir de voix susceptible de créer la surprise et de permettre la victoire. Comment imaginer, quoi que B. Hamon puisse dire aujourd’hui, que cela pourrait se faire autour d’un candidat du PS qui a soutenu le programme de Hollande en 2012 et attendu le second gouvernement Valls pour en sortir ?

Mais à elle seule, la candidature de JL Mélenchon ne suffira pas. Les sondages ne disent pas tout mais, les uns après les autres, ils montrent que la dynamique n’est pas encore là. Parce qu’aussi attractives que soient les paroles de JL Mélenchon et prometteur son programme, il ne deviendra crédible que s’il est porté par un grand rassemblement. Et là, nous n’avons toujours pas débouché. Le Parti communiste le soutient, certes, mais s’en tient à une « campagne autonome » jusqu’à présent très peu visible ; et pour les législatives, ni ce parti ni la France insoumise n’ont l’air de vouloir une campagne et des candidatures communes, si ce n’est dans quelques circonscriptions supposées gagnables. Ainsi, dans tous les cas, on s’apprête dans la quasi totalité des circonscriptions à l’affrontement de candidatures fratricides. Comment signifier plus clairement aux électrices et aux électeurs qu’il n’y a ni véritable rassemblement, ni élan ni enthousiasme dans cette campagne, et donc finalement aucun espoir ?

JL Mélenchon et les dirigeants de la France insoumise et du PCF doivent prendre conscience de leurs responsabilités. Il est encore temps de donner du souffle à cette campagne et de la faire « décoller ». Il faut tourner une bonne fois la page des dissensions et des petits calculs. Faisons front commun, avec nos diversités. Créons le cadre d’une campagne commune permettant de rassembler beaucoup plus largement, y compris les socialistes et les écologistes qui voudront y prendre leur place. Et montrons au peuple de gauche qu’une nouvelle ère de progrès social, démocratique et écologique est enfin à l’ordre du jour. Alors tous les espoirs seront permis.

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