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« Initiatives citoyennes pour une dynamique populaire du Front de gauche » est une réponse à l’appel lancé voici quelques mois par une soixantaine de personnalités, appel aujourd’hui signé par plus de 1500 personnes.
Face au fossé profond que la colère et la désespérance ont creusé entre les couches populaires et la gauche, nourrissant l’abstention et la protestation sans perspectives politiques, son objectif est de faire grandir l’espoir qu’a fait naître la création du Front de gauche, et de contribuer pour cela à mobiliser des millions de femmes et d’hommes dans la perspective d’un véritable Front citoyen et populaire. Avec la volonté, dès 2012, de chasser la droite du pouvoir et d’ouvrir une véritable alternative politique.
« Initiatives citoyennes pour une dynamique populaire du Front de gauche» est un espace ouvert, libre et auto-organisé. Il rassemble celles et ceux qui, membres ou non de partis ou d’autres organisations démocratiques, souhaitent aller au-delà d’un soutien au Front de gauche pour s’y investir personnellement. Leur volonté est de mettre leurs forces au service d’un bouillonnement politique fait d’engagements, de loyales confrontations, de débats rigoureux, d’élaborations novatrices, et tout autant de joie et d’enthousiasme à l’idée d’imaginer, de construire et de gagner ensemble. Il s’agit de donner naissance à une véritable dynamique politique et citoyenne.
« Initiatives citoyennes pour une dynamique populaire du Front de gauche» a mis en place ce réseau social participatif. En lien avec les forces constitutives du Front de gauche, son objet est de faciliter la mise en relation, l’échange d’information et la prise d’initiatives individuelles et collectives de ses membres.
Réflexion, à paraître dans un supplément de la revue Transform! réunissant les actes du colloque « Une crise de civilisation? » organisé par Espaces-Marx les 28 et 29 janvier 2011.
Le colloque organisé par Espaces-Marx en janvier dernier sur le thème «Une crise de civilisation ? » a permis de constater un accord assez général sur l’idée que c’est à ce niveau de globalité qu’il faut envisager d’analyser la crise à laquelle sont aujourd’hui confrontés les sociétés et l’humanité dans son ensemble. Bien que la discussion n’ait pas abordé précisément la question du contenu de cette notion (crise de civilisation), les interventions ont montré que son emploi suggère surtout qu’il ne s’agit pas seulement d’une crise économique ou financière, ni même d’une crise de système, mais que se trouvent imbriquées des contradictions et des impasses touchant à la fois aux sphères économique, sociale, politique, culturelle, idéologique etc. La formule a ainsi le mérite d’exprimer l’idée que les profondes transformations de ces dernières décennies, en tous domaines des activités humaines, obligent à repenser les rapports des hommes entre eux et avec la nature, et que le système capitaliste, aujourd’hui étendu au monde entier, fait obstacle à la recherche d’issues progressistes.
Crise de civilisation et crise du capitalisme sont donc étroitement liées. D’une part parce que le capitalisme est un produit de la civilisation occidentale, et même de sa conception du progrès inséparable des « Lumières » et de la « Raison » (ce qui a fait dire à Geneviève Azam qu’il ne fallait pas confondre « rationnel » et « raisonnable »), et qu’il est tout autant inséparable de représentations de l’être humain et de la façon de « faire société », d’une conception du travail et de ses finalités, et plus généralement d’une idée du bien-être et de modes de vie qui sont aujourd’hui sur la sellette. Et d’autre part, parce que la « crise » vient essentiellement des contradictions insurmontables (sans dépasser le système lui-même) qui existent entre le capitalisme et les transformations indispensables de l’ordre existant. Peut-être pourrait-on dire alors que la crise est celle de la civilisation capitaliste occidentale, progressivement imposée au reste du monde – de la colonisation à la globalisation financière.
Inséparablement, la crise est celle de l’occident lui-même, et au moins de sa domination séculaire sur le reste du monde. Par exemple, là où les contradictions d’intérêts entre les diverses parties du monde se réglaient dans le passé à coups de canonnière, les négociations sur le climat, le commerce ou la solution des crises internationales butent aujourd’hui sur l’impossibilité pour l’occident d’imposer ses vues par la force. La Chine, l’Inde, et d’autres peut-être demain sont en passe de supplanter les grandes puissances occidentales. Impossible en tout cas, dès aujourd’hui, de leur imposer quoi que ce soit. Mais cette crise de l’occident n’est que l’un des aspects de la « crise de civilisation » dès lors que le reste du monde, à qui fut imposé le système capitaliste, ne saurait donc pas être spontanément porteur d’alternatives de civilisation. C’est un aspect de la solidarité qui lie aujourd’hui les peuples du monde entier : au-delà des spécificités de chaque situation nationale, tout le monde est confronté aux mêmes défis de changements, et aux mêmes obstacles. lire la suite…
Dans un article pour Libération, Jacques Julliard proposait à l’automne dernier « vingt thèses pour repartie du pied gauche ». La Revue du Projet du PCF a demandé à quelques auteurs leur contribution sur ce thème. Voici donc quatorze « thèses » pour alimenter la réflexion.
- Sur fond de révolution industrielle, les immenses ébranlements du début du 20ème siècle (les deux guerres mondiales, la crise des années 30, le fascisme,) avaient débouché sur un nouvel ordre social et même mondial. Largement discréditée comme classe (« plutôt Hitler que le Front populaire »), concurrencée par le système soviétique d’économie administrée, la grande bourgeoisie avait été contrainte de concéder des compromis réellement « historiques » : ce furent les progrès démocratiques et sociaux des « trente glorieuses », le développement de la propriété et des services publics, la décolonisation, etc. Les trente dernières années du siècle ont radicalement changé la donne. Triomphant sur les ruines du « socialisme réel », le capital a engagé une offensive tout aussi historique et a mis les promesses extraordinaires de la nouvelle révolution technologique au service de son ambition de dominer à nouveau le monde. lire la suite…
Pour une dynamique populaire du Front de gauche : engageons nos énergies citoyennes
Il faut chasser la droite du pouvoir en 2012. Massivement présente dans les mobilisations contre la réforme des retraites, cette exigence lance à la gauche un défi auquel elle ne peut se dérober : elle doit se rassembler pour lutter contre les effets de la crise dans laquelle nous plonge un capitalisme dépassé par sa propre cupidité et son aveuglement, et ouvrir une véritable alternative politique.
Ce ne sera pas facile. La désespérance et la colère ont creusé un fossé profond entre les couches populaires et la gauche, nourrissant l’abstention et la protestation sans perspectives politiques. Impossible de surmonter cet obstacle sans s’engager sur des mesures qui s’attaquent énergiquement à l’accumulation des richesses et des pouvoirs entre les mains de quelques uns et restaurent concrètement les valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité et de justice sociale.
La création du Front de gauche a fait naître un espoir qui s’est manifesté aux élections européennes et régionales. Que cet espoir grandisse et il marquera le paysage politique. Il remettra les attentes populaires au centre d’une véritable alternative de gauche dont la construction dépasse sa forme actuelle pour mobiliser des millions de femmes et d’hommes dans la perspective d’un véritable Front citoyen et populaire.
C’est pourquoi, membres ou non de partis ou d’autres organisations démocratiques, nous souhaitons aller au-delà d’un soutien au Front de gauche pour en devenir pleinement parties-prenantes. Nous avons des idées, de l’énergie, des liens avec des milliers de femmes et d’hommes dans notre pays. Rassemblons nos forces avec pour projet de construire et de gagner ensemble. En nous engageant personnellement, nous pouvons donner naissance à une véritable dynamique politique et citoyenne.
Les responsabilités des partis constitutifs du Front de gauche sont essentielles. L’une d’elles, à notre sens, est de faire en sorte que soit créé le cadre qui nous permettra de nous lancer dans la bataille. Un cadre auquel il sera possible d’adhérer directement sans autre condition que de partager les objectifs fondamentaux du Front de gauche. Un cadre dans lequel nous pourrons faire valoir nos idées et démultiplier sur tout le territoire des milliers d’initiatives citoyennes de rassemblement pour faire vivre un nouvel espoir à gauche et l’enraciner.
Premiers signataires
Gérard Alezard (syndicaliste), Nils Anderson (militant associatif), Ariane Ascaride (comédienne), François Asensi (député-maire de Tremblay-en-France), Gérard Aschiéri (syndicaliste), Jacques Blin (militant associatif), Bernard Bloch (comédien, metteur en scène), Gérard Boulanger (Avocat), Magyd Cherfi (artiste), Patrice Cohen-Séat (président d’Espaces-Marx), Pierre Concialdi (économiste), Jacques Cossart (économiste), Claude Debons (syndicaliste), Bernard Defaix (militant pour les services publics), Sophie de La Rochefoucauld (comédienne), Valérie de Saint Do (journaliste), Christian Digne (journaliste), Jean-Michel Drevon (syndicaliste), Jean-Michel Ducomte (avocat), Helène Franco (magistrate), Robert Guédiguian (cinéaste), Jeannette Habel (Universitaire), Alain Hayot (sociologue, conseiller régional PACA), André Jaeglé (scientifique), Madeleine Jaeglé (cadre de soins), Gisèle Jean (syndicaliste), François Labroille (conseiller régional IdF), Richard Lagache (éditeur), Frédéric Lebaron (sociologue), Didier Le Reste (Syndicaliste), Philippe Maingault (militant associatif), Roger Martelli (historien), Anne Mesliand (syndicaliste universitaire, conseillère régionale PACA), Claude Michel (syndicaliste), Gérard Mordillat (écrivain), Dominique Noguères (militante associative), Jacques Lerichomme (syndicaliste, Conseiller régional PACA), Claude Mazauric (historien, professeur émérite), Simone Mazauric (philosophe et historienne des sciences, professeure émérite), Alain Obadia (membre du Conseil économique, social et environnemental), Laurence Paché (Conseillère régionale du Limousin), Michel Pinçon (sociologue), Monique Pinçon-Charlot (sociologue), Sophie Ponthieux (économiste), Jacques Ralite (sénateur), Jacques Rigaudiat (économiste), Michel Rousseau (militant associatif), Jean-Louis Sagot-Duvauroux philosophe, homme de théâtre), Marie-Jean Sauret (psychanaliste), Georges Séguy (syndicaliste), Jean-Christophe Sellin Conseiller municipal de Toulouse), Evelyne Sire-Marin (magistrat, militante associative), Francis Sitel (responsable de revue), Juliette Triicot (juriste), Marcel Trillat (journaliste, réalisateur), Louis Viannet (syndicaliste), Marie-Christine Vergiat (députée européenne), Marie-Pierre Vieu (éditrice), Louis Weber (syndicaliste), Serge Wolikow (historien), Francis Wurtz (député européen honoraire), Malika Zédiri (militante associative)
Pour s’associer à cet appel: http://www.dynamique-frontdegauche.fr/
Pourquoi « Métamorphoses »?
Métamorphoses : je choisis ce mot, pour nommer ce blog, parce qu’il me paraît mieux qu’un autre exprimer l’exigence qui s’impose à la gauche et même aux forces progressistes dans leur ensemble, si elles veulent relever le défi d’identifier, dans les conditions d’aujourd’hui, l’ambition de continuer le progrès humain. Métamorphoses au pluriel, donc.
Dans « Eloge de la métamorphose », publié par Le Monde le 9 janvier 2010, Edgar Morin définit ainsi ce processus par lequel un être devient autre tout en restant lui-même: « Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un méta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose ».
Regardons les choses en face : plus le capitalisme enfonce le monde dans sa crise, et moins les forces qui le contestent ne parviennent à mobiliser pour infléchir le cours des choses. En Europe, les forces de gauche sont battues un peu partout cependant que l’extrême droite progresse dangereusement. Celles qui déclarent combattre le capitalisme sont laminées. Face aux régressions sociales et démocratiques, le mouvement syndical et associatif est sur la défensive.
Comment s’expliquer un phénomène d’une telle ampleur sans admettre que les forces de progrès n’ont pas réussi à adapter les objectifs et les formes de leurs combats à un monde que les dernières décennies ont radicalement chamboulé ? Travail, production, consommation, personne humaine, individu et collectif, public et privé, nation et monde, présent et avenir, tout est à repenser dans les nouvelles conditions historiques de la lutte des classes. Y compris, et ce n’est pas le moindre, les formes de la démocratie et de l’action politique.
C’est donc à la nécessité d’une révolution culturelle – ce que j’ai appelé moi aussi une « métamorphose » – que sont confrontées toutes les forces qui veulent continuer d’agir pour l’émancipation humaine. Faute que cette révolution n’ait été sérieusement engagée, et que ne commencent à apparaître jusque dans la société les lignes force d’une nouvelle conception du progrès humain, mais aussi les voies et moyens d’une lutte de classes adaptés au monde actuel, les forces de progrès sont en échec.
Cette paralysie, ou ce renoncement, concerne l’ensemble des forces de gauche : aucune n’a pu ou voulu opérer la métamorphose d’elle-même qu’impliquaient celles du capital et du monde lui-même. lire la suite…
Démocratiser la République: intervention aux rencontres du projet du PCF (27 novembre 2010)
Je suis très préoccupé. Comme beaucoup de communistes, j’ai le plus grand mal à m’y retrouver entre rassemblement, initiatives autonomes du Parti, projet communiste, projet partagé et PUP. Je crains que cette complexité, pour ne pas dire plus, nous rende inaudibles dans et hors du Parti.
Prenons Japy. C’est un meeting du Parti : très bien. Nous voulons y porter notre parole autonome : parfait. Mais pourquoi, en plein mouvement social, et posant la question de l’alternative, ne donnons-nous la parole qu’à nous-mêmes, tout en y mettant le logo Front de Gauche ?
Et nous donnons la parole à André Chassaigne. Je n’ai vraiment rien contre ce que peut dire André. Et je veux bien admettre que le côté perso de Mélenchon ne nous facilite pas les choses. Mais le résultat est que le Parti paraît avant tout obsédé par une concurrence de candidature avec lui. Est-ce le message que nous voulons envoyer ?
Ce soir et demain, nous organisons des rencontres. Initiative du Parti, elle porte finalement sur le « projet partagé », avec là aussi le logo Front de gauche. Mais de politiques : aucun autres que nous, communistes, dans les intervenants principaux !
Alors je pose deux question : ne confondons-nous pas parole autonome et parole isolée ? Et mettons-nous vraiment tous nos efforts dans une dynamique de rassemblement qui, par définition, doit rassembler ? Ou jouons-nous à la guéguerre des partis et des candidatures ? lire la suite…

